Techniques que j’apprends
Apprendre de nouvelles techniques n’est pas pour moi une simple acquisition de compétences : c’est une manière d’élargir mon vocabulaire spatial, de transformer ma manière de percevoir et de fabriquer l’atmosphère. Depuis la fin de mon master, j’ai choisi de revenir au geste, à la matière, au temps long de la pratique manuelle. C’est là que mes intuitions prennent forme, que mes idées deviennent tangibles.
Je me forme aujourd’hui à plusieurs disciplines, chacune venant nourrir un aspect essentiel de ma démarche immersive.
Le mapping, d’abord, m’ouvre à une compréhension plus fluide de l’image. Je ne l’utilise pas comme un effet, mais comme un outil pour travailler la lumière, la transformation progressive d’un espace, la sensation de mouvement. Le mapping me permet de jouer avec les frontières du réel : de déformer un volume, de lui donner une respiration, de créer une narration qui glisse sur la matière.
La sculpture m’apporte l’inverse : l’épaisseur, la résistance, le poids. Elle m’oblige à écouter la matière, à comprendre comment elle réagit, comment elle se laisse tailler, modeler, détourner. C’est une école d’humilité et de précision. Dans mes projets, cette approche me permet d’imaginer des formes organiques ou minérales inspirées du monde marin — des reliefs qui ondulent, des textures qui capturent la lumière comme les surfaces sous-marines.
Le travail du verre et du vitrail occupe une place particulière. C’est une matière qui filtre, diffracte, colore. Elle me permet de repenser la lumière non comme un outil d’éclairage, mais comme une matière atmosphérique à part entière. Le vitrail, avec ses jeux de transparence et ses nuances changeantes, évoque pour moi la surface mouvante de l’eau : un voile qui laisse passer tout en transformant. J’y retrouve ce flottement visuel propre au monde marin, cette frontière douce entre le visible et l’imaginaire.
Chaque technique que j’explore ouvre une nouvelle manière de concevoir l’espace, plus intuitive, plus sensitive. Elles ne s’accumulent pas : elles se répondent. Elles me donnent des outils pour créer des environnements qui engagent le corps et les émotions, qui immergent plutôt qu’ils n’exposent.
Je suis en apprentissage permanent, volontairement. Je veux garder une pratique vivante, en mouvement, nourrie de découvertes et de gestes nouveaux. C’est aussi pour cela que je prévois de voyager : pour rencontrer d’autres artisans, d’autres cultures, d’autres rapports à la matière et à la lumière.
Apprendre, pour moi, c’est agrandir le champ du possible. C’est enrichir ma capacité à créer des espaces sensibles, singuliers, presque organiques.
C’est poursuivre, encore et encore, cette quête d’immersion qui guide mon travail.
